Dans Les militants, (ouvrage republié aux Milles et une Nuit), on retrouve ces trois énoncés prononcés par Arthur Koestler lorsqu'il décida de quitter le parti communiste en 1937:
"Il n'est pas de mouvement, de parti ni d'individu qui puisse se prévaloir de l'infallibilité; Il est ausi absurde de vouloir pratiquer l'apaisement avec l'ennemi que de persécuter l'ami qui poursuit les mêmes fins que vous par voies différentes; Une vérité nuisible est préférable à un mensonge utile".
Bien que la formule soit aujourd'hui banale, je l'ai gravée depuis fort longtemps dans ma mémoire et elle guide à plusieurs égards ma propre conduite aujourd'hui, à la fois dans le domaine politique et dans le domaine plus privé de mon existence. C'est le genre de citation que l'on aime intérioriser parce que l'on sait pertinemment qu'elle nous servira un jour ou l'autre.
lundi, mars 28, 2005
dimanche, mars 27, 2005
Pâque
Au commencement était le Verbe
et le Verbe était auprès de Dieu
et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu
Tout fut par lui,
et sans lui rien ne fut
Ce qui fut en lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes,
et la lumière luit dans les ténèbres
et les ténèbres ne l'ont pas saisie.
Il y eut un homme envoyé de Dieu;
son nom était Jean.
Il vint pour témoigner,
pour rendre témoignage à la lumière,
afin que tous crussent par luié
Celui-là n'était pas la lumière,
mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
Il était la lumière véritable,
qui éclaire tout homme,
venant de ce monde.
Il était dans le monde,
et le monde fut par lui,
et le monde ne l'as pas reconnu.
Il était venu chez lui,
et les siens ne l'ont pas accueilli.
Mais à tous ceux qui l'ont accueilli,
il a donné pouvoir de devenir enfant de Dieu,
à ceux qui croient en son nom,
eux qui ne furent ni engendré du sang,
ni d'un vouloir de la chair,
ni d'un vouloir d'homme,
mais de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair
et il a campé parmi nous,
et nous avons contemplé sa gloire,
gloire qu'il tient du Père comme Unique-Engendré,
pleine de grâce et de vérité.
Jean lui rend hommage et s'écrie:
"C'est de lui que j'ai dit:
Celui qui vient derrière moi,
le voilà passé devant moi,
parce que avant moi il était".
Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu,
et grâce pour grâce.
Car la Loi fut donné par l'entremise de Moïse,
la grâce et la vérité advinrent par l'entremise de Jesus Christ.
Nul n'as jamais vu Dieu;
le Fils Unique-Engendré,
qui est dans le sein du Père,
lui, l'as fait connaître.
- Évangile selon Saint-Jean, Prologue.
et le Verbe était auprès de Dieu
et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu
Tout fut par lui,
et sans lui rien ne fut
Ce qui fut en lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes,
et la lumière luit dans les ténèbres
et les ténèbres ne l'ont pas saisie.
Il y eut un homme envoyé de Dieu;
son nom était Jean.
Il vint pour témoigner,
pour rendre témoignage à la lumière,
afin que tous crussent par luié
Celui-là n'était pas la lumière,
mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
Il était la lumière véritable,
qui éclaire tout homme,
venant de ce monde.
Il était dans le monde,
et le monde fut par lui,
et le monde ne l'as pas reconnu.
Il était venu chez lui,
et les siens ne l'ont pas accueilli.
Mais à tous ceux qui l'ont accueilli,
il a donné pouvoir de devenir enfant de Dieu,
à ceux qui croient en son nom,
eux qui ne furent ni engendré du sang,
ni d'un vouloir de la chair,
ni d'un vouloir d'homme,
mais de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair
et il a campé parmi nous,
et nous avons contemplé sa gloire,
gloire qu'il tient du Père comme Unique-Engendré,
pleine de grâce et de vérité.
Jean lui rend hommage et s'écrie:
"C'est de lui que j'ai dit:
Celui qui vient derrière moi,
le voilà passé devant moi,
parce que avant moi il était".
Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu,
et grâce pour grâce.
Car la Loi fut donné par l'entremise de Moïse,
la grâce et la vérité advinrent par l'entremise de Jesus Christ.
Nul n'as jamais vu Dieu;
le Fils Unique-Engendré,
qui est dans le sein du Père,
lui, l'as fait connaître.
- Évangile selon Saint-Jean, Prologue.
jeudi, mars 10, 2005
Hommage à Merleau-Ponty
"L'originaire n'est pas d'un seul type, il n'est pas tout derrière nous; la restitution du passé vrai, de la préexistence n'est pas toute la philosophie; le vécu n'est pas plat sans profondeur, sans dimension, ce n'est pas une couche opaque à laquelle nous aurions à nous confondre; l'appel à l'originaire va dans plusieurs directions : l'originaire éclate, et la philosophie doit accompagner cet éclatement, cette non-coïncidence, cette différenciation"
"À l'égard de l'essence comme du fait, il n'est que de se placer dans l'être dont on traite, au lieu de le regarder du dehors, ou bien, ce qui revient au même, il n'est que de le remettre dans le tissu de notre vie, d'assister du dedans à la dehiscence, analogue à celle de mon corps, qui l'ouvre à lui-même et nous ouvre à lui, et qui, s'agissant de l'essence, est celle du parler et du penser"
- Le visible et l'invisible (1959).
"La vision n'est pas un certain mode de la pensée ou présence à soi : c'est le moyen qui m'est donné d'être absent de moi-même, d'assister du dedans à la fission de l'être, au terme de laquelle seulement je me ferme sur moi"
- L'oeil et l'esprit (1960).
"À l'égard de l'essence comme du fait, il n'est que de se placer dans l'être dont on traite, au lieu de le regarder du dehors, ou bien, ce qui revient au même, il n'est que de le remettre dans le tissu de notre vie, d'assister du dedans à la dehiscence, analogue à celle de mon corps, qui l'ouvre à lui-même et nous ouvre à lui, et qui, s'agissant de l'essence, est celle du parler et du penser"
- Le visible et l'invisible (1959).
"La vision n'est pas un certain mode de la pensée ou présence à soi : c'est le moyen qui m'est donné d'être absent de moi-même, d'assister du dedans à la fission de l'être, au terme de laquelle seulement je me ferme sur moi"
- L'oeil et l'esprit (1960).
dimanche, mars 06, 2005
La science de la déduction
D'une goutte d'eau, le logicien pourrait inférer la possibilité d'un océan Atlantique ou d'un Niagara, sans avoir vu ni l'un ni l'autre, ni même en avoir entendu parler. Ainsi, toute la vie est une longue chaîne dont chaque anneau donne le sens. Comme toutes les autres sciences, la science de la déduction et de l'analyse ne peut s'acquérir qu'au prix de longues et patientes études; du reste, notre vie est trop brève pour nous permettre d'atteindre à la perfection. Avant de se tourner vers les aspects moraux et intellectuels du sujet, où résident les plus grandes difficultés, le chercheur commencera par triompher des problèmes les plus simples. Qu'il apprenne à deviner au premier coup d'oeil l'histoire d'un homme et la profession ou le métier qu'il exerce! Si puéril puisse paraître cette faculté, il aiguise nos facultés d'observation; il nous apprend à regarder et à voir. Les ongles, la manche du vêtement, les chaussures, les genoux du pantalon, les durillons du pouce et de l'index, les manchettes de chemise, l'expression du visage, voilà autant d'indications certaines sur le métier qu'exerce un homme. Il serait inconcevable qu'assemblées, elles ne parvinssent pas à renseigner un chercheur compétent.
- Sherlock Holmes, aux alentours de 1880, Étude en rouge.
- Sherlock Holmes, aux alentours de 1880, Étude en rouge.
mercredi, mars 02, 2005
Une journée dans la vie de Machiavel
Je vais par la route de l'auberge; je parle avec ceux qui passent, leur demande des nouvelles de leurs pays, entends diverses choses et note les humeurs diverses et les différents caprices des hommes. L'heure du déjeuner vient sur ces entrefaites; en compagnie de ma famille, je mange la nourriture que me permettent ma pauvre ferme et mon petit patrimoine. Après que j'ai mangé, je retourne à l'auberge: il y a d'habitude l'aubergiste, un boucher, un meunier, deux chaufourniers. C'est avec eux que tout l'après-midi je m'encanaille en jouant aux cartes et au jaquet. Il s'ensuit mille contestations et d'infinis échanges d'injures; le plus souvent on se dispute pour un liard, mais on nous entend crier depuis San Casciano. C'est ainsi que plongé dans cette pouillerie, j'empêche mon cerveau de moisir et je m'épanche la malignité de mon sort, content qu'il me piétine de la sorte, pour voir s'il ne finira pas par en rougir.
- Lettre à Franscesco Vettori, 10 décembre 1513
- Lettre à Franscesco Vettori, 10 décembre 1513
vendredi, février 25, 2005
Philosophie en délire
Un Français, un Anglais, un Allemand furent chargés d'une étude sur le chameau.
Le Français alla au jardin des Plantes, y passa une demi-heure, interrogea le gardien, jeta du pain au chameau, le taquina avec le bout de son parapluie, et, rentré chez lui, écrivit, pour son journal, un feuilleton plein d'aperçus piquants et spirituels.
L'Anglais, emportant son panier à thé et un confortable matériel de campement, alla planter sa tente dans les pays d'Orient, et en rapporta, après un séjour de deux ou trois ans, un gros volume bourré de faits sans ordre ni conclusion, mais d'une réelle valeur documentaire.
Quant à l'Allemand, plein de mépris pour la frivolité du Français et l'absence d'idées générales de l'Anglais, il s'enferma dans sa chambre pour y rédiger un ouvrage en plusieurs volumes, intitulé: Idée du chameau tiré de la conception du Moi.
(Le Pélerin, 1ier septembre 1929, p. 13).
Le Français alla au jardin des Plantes, y passa une demi-heure, interrogea le gardien, jeta du pain au chameau, le taquina avec le bout de son parapluie, et, rentré chez lui, écrivit, pour son journal, un feuilleton plein d'aperçus piquants et spirituels.
L'Anglais, emportant son panier à thé et un confortable matériel de campement, alla planter sa tente dans les pays d'Orient, et en rapporta, après un séjour de deux ou trois ans, un gros volume bourré de faits sans ordre ni conclusion, mais d'une réelle valeur documentaire.
Quant à l'Allemand, plein de mépris pour la frivolité du Français et l'absence d'idées générales de l'Anglais, il s'enferma dans sa chambre pour y rédiger un ouvrage en plusieurs volumes, intitulé: Idée du chameau tiré de la conception du Moi.
(Le Pélerin, 1ier septembre 1929, p. 13).
lundi, février 21, 2005
JSM a dit...
Le grand John Stuart Mill a écrit :
Originality is the one thing which unoriginal mind cannot feel the use of. They cannot see what it is to do for them: how the should they? If they could see what it would do for them, it would not be originality. The first service which originality has to render them, is that of opening their eyes: which being once fully done, they would have a chance of being themselves original.
J.S. Mill (1859).
Originality is the one thing which unoriginal mind cannot feel the use of. They cannot see what it is to do for them: how the should they? If they could see what it would do for them, it would not be originality. The first service which originality has to render them, is that of opening their eyes: which being once fully done, they would have a chance of being themselves original.
J.S. Mill (1859).
Cette citation est une gracieuseté de Augustin Simard, je le remercie.
mardi, février 15, 2005
La Bible : Un classique de la littérature
"Par le fruit de sa bouche l'homme se nourrit de ce qui est bon, mais la vie des traîtres n'est que violence" (Pr 13.2)
"Coeur intelligent recherche le savoir, la bouche des sots se repaît de folie" (Pr 15.14)
Voici deux extraits des Proverbes de l'Ancien Testament. Pour un non-croyant, une lecture de la Bible est l'équivalent d'un chef d'oeuvre de la littérature et plus particulièrement la section des "livres sapientaux", qui comprend les Proverbes, les psaumes et le cantique des cantiques. Ce dernier est selon moi une des plus belle chose qui m'a été donnée de lire. Ce livre regroupe une dizaine de poèmes ou dialogues entre deux amoureux. En voici un extrait (Ct 1.5-6) :
"Coeur intelligent recherche le savoir, la bouche des sots se repaît de folie" (Pr 15.14)
Voici deux extraits des Proverbes de l'Ancien Testament. Pour un non-croyant, une lecture de la Bible est l'équivalent d'un chef d'oeuvre de la littérature et plus particulièrement la section des "livres sapientaux", qui comprend les Proverbes, les psaumes et le cantique des cantiques. Ce dernier est selon moi une des plus belle chose qui m'a été donnée de lire. Ce livre regroupe une dizaine de poèmes ou dialogues entre deux amoureux. En voici un extrait (Ct 1.5-6) :
Je suis noire et pourtant belle, fille de Jérusalem
comme les tentes de Qédar
comme les pavillons de Selma.
Ne prenez pas garde de mon teint basané :
c'est le soleil qui m'a brûlé.
Les fils de ma mère se sont emportés contre moi,
ils m'ont mise à garder les vignes.
Ma vigne à moi, je ne l'ai avais pas gardée!
Dans la tradition juive, on ne considère pas les livres sapientaux comme des livres "inspirés" qui forment la doctrine, mais bien des livres "bon à lire" que l'on lit normalement lors des fêtes. Ce qui nous témoigne de l'importance d'une tradition littéraire qui a des accents religieux, mais n'a pas besoin d'être lu dans cette perspective. Admirons plutôt les qualités littéraires de la Bible.
lundi, février 14, 2005
14 février 2005
Début officiel de ce blogue. N'attendez pas chers lecteurs de voir ce site souvent actualisé. Je collectionne ici les belles citations avec un petit côté sombre et existentialiste, mais sans que cela tombe dans des trucs déprimants. Il faut que cela soit très littéraire ou philosophique, sans jargon ni juron. Il y a des citations avec des belles tournures qui nous font réfléchir ou qui nous étonnent. Si vous avez des belles citations à me suggérer, écrivez-moi et je les afficherai sur mon site.
Joseph K.
Joseph K.
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